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BP52 – Les découvertes du REM

Le réseau express métropolitain, communément appelé le REM, est un sujet très d’actualité ces derniers mois. Comme on le dit si bien : Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en. Aujourd’hui, parlons-en plutôt avec légèreté. Ce projet de construction d’envergure a permis de déterrer des histoires bien intéressantes qui nous font voyager dans le temps et nous vous proposons d’en découvrir quelques-unes.


Une portion de l’histoire des irlandais au Québec


Durant la planification du projet du REM, il a été soulevé qu’un des piliers tombait directement sur une zone reconnue comme étant le cimetière d’environ 6000 irlandais arrivés à Montréal!


Tout cela a commencé en 1847, lorsque les irlandais fuyaient la famine qui faisait rage dans leur pays natal. Il est estimé qu’environ 70 000 personnes ont réussi à se rendre à Montréal qui comptait à l’époque environ 50 000 habitants. Malheureusement, les conditions insalubres durant le voyage provoquent la transmission d’une maladie mortelle, le typhus. Malgré le fait que les arrivants sont placés en quarantaine, la maladie atteint la ville de Montréal et environ 6000 irlandais et 1000 montréalais périssent. Dû à la vitesse à laquelle les décès surviennent, les corps sont enterrés dans des cercueils de bois, de manière désorganisée, dans le secteur actuel de Pointe-Saint-Charles où un monument commémoratif existe en leur honneur. Ce cimetière irlandais serait probablement, selon le co-président de la Fondation du Parc du Monument irlandais de Montréal Victor Boyle, le plus grand en dehors de l’Irlande.


Le beau côté de l’histoire est que, plusieurs montréalais de l’époque, au lieu de faire fuir ces nouveaux arrivants, ont fait preuve d’empathie et de compassion. Des représentants de l'Église, des militaires britanniques, des membres des premières nations ainsi que des montréalais adoptant les orphelins sont venus en aide à cette communauté qui en avait tant besoin. Même le maire de Montréal de l’époque, John Easton Mills périt de cette maladie après avoir soigné des malades.


Fait intéressant : les irlandais auraient été le deuxième groupe ethnique le plus important à Montréal au 19e siècle. En 1833, le symbole du trèfle est ajouté aux armoires de la Ville de Montréal en honneur à ces immigrants qui ont aidé à construire la Ville. Ils ont participé à la construction de projets aussi importants que le canal Lachine et ses agrandissements et le pont Victoria. Ils ont aussi un rôle à jouer dans la création des syndicats.


Toute cette histoire refait surface à la suite des fouilles archéologiques qui ont eu lieu à cet emplacement et dans des conditions particulières. Une cage d’environ 3 mètres de diamètre a été fabriquée sur mesure pour permettre aux archéologues de descendre au fond d’un puits de plus de 12 mètres de profondeur. Cette cage, descendue à l’aide d’une grue, a permis aux archéologues de déterrer des fragments d’os en très bon état d’entre 12 à 15 personnes en novembre 2019. Livrable particulier pour un projet de construction.



La voûte du tunnel Mont-Royal


Lorsque l’idée du métro de Montréal a fait surface dans les années 60 sous le mandat du maire de Montréal Jean Drapeau, le métro comporte 3 lignes, dont la ligne rouge (ou la ligne 3) qui devait traverser la Ville de nord à sud en passant par Cartierville, Saut-au-Récollet, Outremont et Saint-Laurent, entre autres. Cette ligne devait utiliser les voies de chemin de fer appartenant à l’époque au Canadian National (CM). Toutefois, l’évolution du projet du métro à causer la mise à l’écart de la ligne rouge pour prioriser la ligne jaune, plus utile en vue de l’Expo 67.



Ces rails du CN ont été construits entre les années 1912 et 1918 et auraient été un chantier qui se serait très bien déroulé. Il a malheureusement été retardé par la deuxième guerre mondiale qui faisait rage à la même époque. Creusé dans le roc, ce tunnel passe entre autres dans les entrailles du Mont-Royal. Aujourd’hui, cette ligne est actuellement utilisée par le réseau des trains de banlieue et est connue sous le nom de la ligne Deux-Montagnes.


Cette dernière a été achetée par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), investisseur du projet du REM. La station McGill du projet sera directement connectée au tunnel existant de plus de 5km de longueur. Les travaux qui ont débuté en novembre 2020 ont permis de faire entrer la lumière dans ce tunnel pour la première fois après plus de 100 ans!


L’histoire que cache nos bâtiments et nos infrastructures


Ces deux parties de l’histoire de Montréal que font ressortir les travaux du REM nous rappellent que nos constructions ont une histoire à raconter. En plus d’être le reflet du travail de plusieurs ouvriers et d’êtres humains ayant participé à leur exécution, les constructions reflètent une époque, la culture et les enjeux de l’époque, et bien plus encore. La construction dévoile notre histoire et les constructions font partie de la mémoire des gens qui les ont construites, qui les ont habitées ou utilisées. Chaque projet a vu le jour pour une raison qui reflètent les préoccupations, les rêves et les ambitions en un temps précis et qui nous ont amené là où nous somme aujourd’hui. En touchant des infrastructures qui datent de plusieurs années, il vaut parfois la peine de réfléchir à ce qu’on démolit réellement. Nous ne mettons pas à terre uniquement une structure, mais peut-être une parcelle de notre histoire…


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